Aller au contenu
Choisir un lieu
Choisir un modèle
Comparer les modèles

Les instruments

Comparer les modèles de Seestar

Ce qui sépare les modèles n'est pas la qualité, c'est le champ : la portion de ciel que le capteur embrasse d'un seul coup. Un S50 grossit davantage et voit donc moins large — ce qui est un avantage sur une petite galaxie et un handicap sur une grande nébuleuse. Voici le même objet, cadré au champ réel de chacun.

Lune — Lune, satellite naturel, 32′ de diamètre apparent.

Seestar S30 1,20° × 2,13° · 2,1 Mpx cadrage idéal L'objet occupe 45 % du plus grand côté du champ.
Seestar S30 Pro 2,24° × 3,99° · 8,3 Mpx bien cadré L'objet occupe 24 % du plus grand côté du champ.
Seestar S50 0,72° × 1,28° · 2,1 Mpx ça passe tout juste L'objet occupe 75 % du plus grand côté du champ.
Seestar S50 Pro 1,38° × 2,45° · 8,3 Mpx cadrage idéal L'objet occupe 39 % du plus grand côté du champ.

Les chiffres

Modèle Ouverture Focale Champ Définition Échantillonnage Pose max
Seestar S30 30 mm 150 mm 1,20° × 2,13° 2,1 Mpx 1920 × 1080 3,99 ″/px jusqu'à 30 s 60 s en équatorial
Seestar S30 Pro 30 mm 160 mm 2,24° × 3,99° 8,3 Mpx 3840 × 2160 3,74 ″/px jusqu'à 30 s 60 s en équatorial
Seestar S50 50 mm 250 mm 0,72° × 1,28° 2,1 Mpx 1920 × 1080 2,39 ″/px jusqu'à 30 s 60 s en équatorial
Seestar S50 Pro 50 mm 260 mm 1,38° × 2,45° 8,3 Mpx 3840 × 2160 2,30 ″/px jusqu'à 30 s 60 s en équatorial

Ce que ça veut dire

La définition explique pourquoi les vignettes ci-dessus n'ont pas la même taille. Le S30 Pro compte 8,3 millions de pixels contre 2,1 au S30, et il échantillonne le ciel presque comme lui — 3,74 contre 3,99 secondes d'arc par pixel. Il couvre donc 3,5 fois plus de ciel sans perdre de détail — un peu moins que ses quatre fois plus de pixels, justement parce qu'il en met davantage sur la même portion de ciel. Les afficher à taille égale donnait l'impression que le S30 « zoomait davantage » : c'était un artefact, on avait jeté l'information supplémentaire du Pro avant de comparer. Ici, un pixel à l'écran vaut un pixel du capteur pour tous les modèles — en zoomant, on retrouve le même détail.

Un capteur plus grand ne zoome pas davantage : il voit plus large. C'est le point qui surprend le plus, et le S50 et le S50 Pro en font la démonstration. Ils ont la même ouverture, des photosites de la même taille, et des focales à 4 % près (250 et 260 mm). Une seule chose les sépare : le capteur du Pro est physiquement deux fois plus grand dans chaque dimension.

Deux grandeurs différentes en découlent, et les confondre est l'origine du malentendu. Le grossissement — la finesse du détail — ne dépend que de la taille d'un photosite rapportée à la focale : 2,39 contre 2,30 secondes d'arc par pixel, autant dire identique. Le champ, lui, dépend de la taille du capteur entier : capteur deux fois plus grand, champ deux fois plus large (0,72° × 1,28° contre 1,38° × 2,45°).

Autrement dit, le S50 Pro n'est pas « un S50 qui zoome plus » : c'est un S50 derrière lequel on aurait collé un morceau de pellicule deux fois plus grand. Le détail est le même, il y en a simplement beaucoup plus autour. Découpe l'image du Pro au champ du S50 et tu retrouves presque exactement l'image du S50 — même finesse, et 1 123 pixels de large au lieu de 1 080. Sur une galaxie serrée, les deux donnent donc la même image ; sur une grande nébuleuse, le Pro la contient quand le S50 la coupe.

L'ouverture détermine la quantité totale de lumière collectée : un S50 en récupère près de trois fois plus qu'un S30. Sur les étoiles et les objets très concentrés, cela se traduit directement — il descend plus bas en magnitude, et plus vite.

Sur les galaxies et les nébuleuses, en revanche, il ne faut pas en conclure qu'il va trois fois plus vite. Tous les modèles ouvrent à peu près à f/5 et portent le même pixel : la lumière d'un objet étendu se répartit sur d'autant plus de pixels que la focale est longue, et chaque pixel reçoit donc à peu près autant de lumière par seconde sur chacun. Ce que l'ouverture du S50 achète ici, c'est de la finesse, pas de la vitesse. C'est pourquoi les temps de pose conseillés sur ce site ne dépendent pas du modèle, mais de l'objet, du ciel, du filtre et de la pose unitaire.

Le champ, lui, décide de ce qui tient dans l'image — et aucune durée de pose ne rattrape un objet qui déborde. L'échantillonnage dit combien de ciel couvre un pixel : plus il est fin, plus le détail est théoriquement accessible, mais la turbulence atmosphérique fixe une limite que l'optique ne franchit pas.

Il n'y a donc pas de meilleur modèle dans l'absolu. Il y a un modèle qui convient à ce que tu veux photographier — et la comparaison ci-dessus, en changeant d'objet, le montre mieux qu'un tableau.

Sur tout le catalogue

Les 2 063 objets fixes du catalogue dont la taille apparente est connue, répartis pour chaque modèle selon la place qu'ils occupent dans son champ. Il répond à « sur lequel un objet remplit-il le cadre le plus souvent, sans rien recadrer ? » — ce qui n'est pas tout à fait « lequel est le meilleur », comme le paragraphe sous le tableau l'explique. Le catalogue en compte 2 419 au total : les autres n'ont pas de dimension publiée, et ne peuvent donc pas être cadrés à l'avance.

Pas de photographie ici : les aperçus viennent d'un relevé du ciel profond, c'est-à-dire d'un atlas du ciel fixe, et Lune s'y déplace — aucun relevé ne l'a photographié. Le disque est donc tracé à l'échelle réelle du champ, à partir de son diamètre apparent d'aujourd'hui.

Le résultat va à rebours de ce que les images suggèrent. Le très grand champ du S30 Pro cadre superbement une poignée de grandes nébuleuses — et laisse minuscules 1 389 objets sur 2 063, parce que le catalogue est surtout fait de galaxies de quelques minutes d'arc. Le S50, avec le champ le plus étroit, est celui qui en cadre bien ou idéalement le plus : 648, contre 408 au S30 et 244 au S30 Pro. Le choix dépend donc entièrement de ce que tu comptes viser.

Attention à la lecture de ce tableau : il récompense le champ le plus étroit. Le ciel profond est surtout fait de petits objets, donc plus le cadre est serré, plus il s'en trouve pour le remplir. C'est la réponse exacte à « qu'est-ce qui remplira l'image telle qu'elle sort de l'appareil ? », et ce n'est pas la réponse à « lequel donne la meilleure image ».

La différence tient à l'échantillonnage. Un modèle et sa version Pro voient le ciel à la même finesse : Seestar S30 et Seestar S30 Pro, 3,99 contre 3,74 secondes d'arc par pixel ; Seestar S50 et Seestar S50 Pro, 2,39 contre 2,30 secondes d'arc par pixel. Découper l'image du Pro au champ du modèle de base rend donc le même ciel avec autant de pixels — 1 152 au lieu de 1 080 pour le Seestar S30, et 1 123 au lieu de 1 080 pour le Seestar S50.

Autrement dit : le recadrage est gratuit, le champ en plus ne coûte rien. Un Pro ne cadre pas moins bien que le modèle dont il dérive — il montre la même chose, plus ce qu'il y a autour, et on découpe si l'on veut. Le tableau ci-dessus est en revanche pleinement pertinent entre deux modèles qui n'échantillonnent pas pareil, comme un S30 et un S50 : là, le champ plus étroit apporte réellement du détail que l'autre n'a pas.

Et les planètes ?

C'est la première question qu'on pose, et la réponse est franche : ces télescopes ne sont pas faits pour ça. Choisis Jupiter ou Saturne dans la liste ci-dessus pour le voir — Jupiter mesure de 30 à 45 secondes d'arc selon sa distance, quand le champ d'un S50 en fait plus de quatre mille cinq cents : même au plus près, la planète en occupe environ un centième. Elle tient dans une poignée de pixels, et aucun modèle n'y change rien : la limite est la focale, qui va de 150 à 260 mm là où l'imagerie planétaire en demande dix fois plus.

La Lune fait exception. Un demi-degré, c'est un objet de ciel profond de taille moyenne — le S50 la cadre idéalement, les deux S30 la laissent un peu petite mais très correcte. Le Soleil de même, avec le filtre prévu pour.